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BAL COSTUMÉ - SUJET COMMUN !
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| | BAL COSTUMÉ - SUJET COMMUN ! | |
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 | Sujet: Re: BAL COSTUMÉ - SUJET COMMUN ! Ven 11 Nov - 0:14 | |
| Je venais de proposer à Zaphir d’aller dans la maison hanté. Je ne savais vraiment pas pourquoi je faisais ça, à chaque fois que j’étais tous seul avec elle. Je devais me battre contre la tentation. Peut-être était-ce parce que j’avais envie de me tester? Ou bien que je voulais simplement passé du temps avec elle? Celle-ci accepta avec enthousiasme ce qui me fit très plaisir, j’imaginais qu’après l’histoire de la tempête, elle ne me parlerait plus. Je me sentais comme le méchant dans cette histoire, comme celui qui profite de la situation. Alors que ce n’est pas du tout ça, j’étais tout aussi perdue qu’elle. D’ailleurs je le senti d’avantage en dansant avec elle, mon cœur battait bien plus rapidement que d’habitude. Par peur que Charlotte débarque ? Ou bien pour le plaisir de danser avec elle? Je n’en savais rien. Elle partit alors, me demandant de l’attendre. J’ignorais où elle allait, la suivant du regard. Nous avions bien entendu arrêter de danser, je marchas alors afin de laisser de la place sur la piste de danse. Parce que être immobile en plein milieu, c’est pas la classe. Elle revenu seulement quelques minutes après, entre temps, j’avais pris un dernier verre. Je vu de loin que le même garçon avec elle parlait tout à l’heure l’appelait afin de danser mais elle refusa. Je me senti coupable, j’avais l’impressions qu’elle le refusait parce que j’étais là et je n’avais en aucun cas de droit de lui priver d’être avec quelqu’un. « C’est parti! » dis-je alors qu’elle me demanda si on y allait. Nous commencions alors à marché vers la maison hanté qui était heureusement pas très loin. « Il y a vraiment pas de quoi tu le sais. » |
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 | Sujet: Re: BAL COSTUMÉ - SUJET COMMUN ! Ven 11 Nov - 15:16 | |
| Il était parti en la regardant, la gorge nouée, le ventre tordu, comme jamais il n'aurait cru que c'était possible. Par tous les Dieux mais qu'avait-il fait ?! Sophia semblait suffisamment mal, il l'avait d'ailleurs rattrapée parce qu'il se sentait coupable et qu'il voulait s'excuser, tenter de la faire sourire, de lui remonter le moral, d'effacer les mauvais souvenirs qui avaient dû affluer dans sa tête pour qu'elle réagisse ainsi, mais au lieu de cela, ses mots s'étaient emmêlés, il avait empiré la situation, et en plus, pour couronner le tout, sans l'avoir voulu pour le moins du monde, il avait posé ses lèvres sur les siennes. Mais qu'est-ce qu'il avait fait ? Pourquoi, à chaque fois qu'il parlait à Sophia, il finissait toujours par se ridiculiser, se lancer des discours pas possibles, ou bien s'embrouillait ? C'était quoi, cette malédiction à la noix, même pas de coco, face à elle ? Il faisait plus froid que tout à l'heure, le brouillard s'était épaissé, il gelait, le vent le fouettait tandis qu'il marchait, tête vers le sol, les larmes qui coulaient sur ses joues, trop bouleversé par la situation, trop perdu, pour ne pas pleurer. Si jamais quelqu'un le voyait dans cet état, il était probablement foutu, mais Benjamin s'en fichait, n'y pensait pas. Il était enfermé dans son esprit, dans ses propres tourments, et le monde était à des kilomètres et des kilomètres de lui. Il tremblait. Il pleurait. Il faillit tomber à quatre reprises. Il avait froid. Mais la seule chose qu'il voyait, c'était Sophia, Sophia sans son sourire, Sophia blessée, Sophia terriblement terne. Les yeux brillants des larmes qui lui venaient. Benjamin ignorait pourquoi ses mots avaient tant touché la jeune fille, mais il savait qu'il n'aurait jamais dû les dire. Que se taire aurait été la meilleure solution. À cette heure-ci, peut-être aurait-il toujours été avec elle. Peut-être qu'elle sourirait, qu'elle passerait une bonne soirée, en sa compagnie. Peut-être qu'il aurait pu continuer d'admirer ses grands yeux, se laisser entraîner par son rire, boire ses paroles. Mais c'était fichu. Tout était fichu. Par sa faute. Il n'avait dit au revoir à personne, il ne savait pas si Destiny allait bien, si elle était seule, si elle s'ennuyait, ou si c'était tout le contraire. Il avait cru l'apercevoir, du coin de l'œil, en compagnie de Nathaniel, un Nathaniel certes bourré, mais tous deux souriants, et il espérait de tout son cœur que les deux jeunes amis soient encore en train de s'amuser. Qu'au moins Desty passe une bonne soirée. S'il vous plaît. Et si en plus ça pouvait aider Nate, qui devait sûrement en avoir besoin après les évènements, alors c'était génial. L'idéal aurait été que la soirée de Sophia se finisse bien également. Mais il avait dû la lui gâcher. Et tout en marchant, il ne cessait de se traiter d'idiot. Inconscient de ce qu'il y avait autour de lui, marchant mécaniquement vers sa maison, il se prit de plein fouet quelqu'un. Le jeune homme fut surpris en reconnaissant sa sœur, et se mordit les lèvres, signe de son anxieté. Devait-il vraiment lui parler de tout cela ? Il n'était pas sûr d'en avoir envie. Elle le prit dans ses bras et il s'y laissa bercer, ses mains s'accrochant à sa jeune sœur, comme s'il avait eu quatre ans, et très peur de la perdre. Il aurait voulu ne jamais avoir à se décrocher d'elle, pour ne pas avoir à parler, mais il ne pouvait rester éternellement dans cette situation, pas vrai ? Pourtant, en plus d'être une parade à ses aveux, elle était un réel réconfort. C'étaient les mêmes bras qui l'avaient entouré le jour de la mort de leur mère. Ils s'étaient retrouvés tous les deux dans sa chambre. Leur cher papa adoré auprès d'Ellen. Parce qu'eux, évidemment, ils étaient forts, ils sauraient supporter cette épreuve, cela les affectait moins que leur sœur, bien sûr. Il n'avait jamais autant haï son père que ce jour-là. Il était le plus jeune de la famille, et c'était Grace qui venait le consoler. Mais qui, qui la consolait, elle ? Il avait beau s'y employer, c'était... C'était différent, parce qu'elle était la grande sœur, et lui le petit frère.
Il raffirmit son étreinte une dernière fois avant de se retirer, à contre-cœur, des bras de la blonde. Au bout de quelques temps, il finit par relever la tête et regarder sa sœur. Benjamin était dans l'incapacité de réfléchir, et il ignorait ce qui sortirait de sa bouche si jamais il l'ouvrait. Des incohérences, ou le rapport de sa soirée ? C'était impossible à déterminer, tant l'angoisse le régissait en cet instant.
« Je... »
Bon. Le pronom de la première personne du singulier. Soit. C'était trop dur à aborder. Parce qu'il avait honte, parce qu'il avait fait quelque chose de mal, qu'il en ignorait la cause, qu'il avait lui-même trop mal, et que ce n'était rien d'autre... Qu'une histoire d'amour adolescente. Et ça... Ça c'était ridicule. Aussi mal cela faisait-il, il se sentait ridicule d'en parler, surtout à sa sœur. C'était la première fois qu'il n'osait pas parler à Grace, et ce sentiment le gênait d'autant plus. Mais c'était tellement pathétique, au fond. D'un embarras épouvantable. Qu'il finit par dire, alors-même que Grace lisait en lui comme dans un livre ouvert, qu'il le savait, que la situation ne laissait pas de doutes :
« Rien... C'était... Juste une soirée de Halloween trop réussie. »
Il allait vraiment finir par toucher le fond. Et en repousser les limites. |
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 | Sujet: Re: BAL COSTUMÉ - SUJET COMMUN ! Ven 11 Nov - 20:10 | |
| Lorsque Benjamin s'était blottit dans ses bras, plus accroché à elle qu'autre chose, Grace avait faillit éclater en sanglot. Il y avait peu de chose que la jeune blonde ne supportait pas mais la pire d'entre elles étaient certainement de voir son petit frère souffrir et de se sentir impuissante face à sa détresse. Il avait l'air tellement mal en point qu'elle aurait aimé prendre sa douleur et chasser de son visage toute cette tristesse qui lui allait si mal. Ils restèrent de longues minutes comme ça, Grace berçant son petit frère, tentant de le rassurer au maximum. Elle ne l'avait pas vu comme ça depuis des années et même si elle adorait lui faire des câlins, elle préférait quand c'était pour l'enquiquiner. Finalement, il la serra un peu plus avant de se détacher doucement d'elle. Il était là, tête baissé, tentant de dissimuler son mal-être, comme si c'était quelque chose de honteux et de désagréable à encaisser. Je... Rien... C'était... Juste une soirée de Halloween trop réussie. Evidemment, elle voulait l'aider mais elle ne pourrait pas lui être d'un grand secours s'il refusait de se confier à elle comme il le faisait d'habitude. Elle s'était déjà confronter à lui plusieurs fois parce qu'il avait refusé son aide et chaque fois, elle avait toujours plus détester son père. Elle savait qu'il était parfois compliqué pour un garçon d'avoir une fille pour confidente, parce que même si s'était une grande soeur, elle ne savait pas tout sur tout et que son point de vue sur les hommes était biaisé par sa condition de femme. Aussi, Mr le Maire aurait du être là, mais il n'était que le maire de Flinders et Benjamin en faisait les frais, chaque jours. A cet instant, Grace n'était plus la fille joviale, souriante et blagueuse qui aimait tant taquiner son petit frère : elle était bien plus sérieuse mais elle dégageait tout de même cette douceur qui mettait tant les autres en confiance. Son frère était toujours là pour elle alors elle se devait de lui retourner l'ascenseur. Ils étaient là l'un pour l'autre, c'était comme ça que ça fonctionnait depuis toujours et tant pis s'il avait du mal à cracher le morceau, tant pis s'il la trouvait pénible et intrusive : elle savait qu'il n'en serait que plus soulagé après. Il avait pleuré, elle pouvait le voir - et ce n'était certainement pas parce qu'il avait eu une frousse terrible à cette fichue soirée d'Halloween - et le voir dans cet état lui fendait littéralement le coeur. Arrête ça, tu veux ? souffla-t-elle avant de le forcer à croiser son regard. C'est moi, tu sais très bien que tu peux tout me dire. Elle se retenait de ne pas le serrer à nouveau dans ses bras seulement... si elle voulait qu'il parle, il fallait qu'elle le regarde, qu'elle comprenne ce qui clochait. Et bien sur, elle connaissait par coeur son petit frère. Elle se posa une question toute simple - mais une question qui la fit réagir sur le champ. Qu'est-ce qui pourrait mettre Benjamin dans un état comme celui-là ? Personne n'était mort, ni elle, ni Azumi, ni personne auquel Benjamin tenait alors... Et c'est là qu'elle percuta. C'est Sophia ? demanda-t-elle en plongeant son regard dans celui de son petit frère. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Elle s'était retenue de lui demandé ce qu'elle avait fait parce qu'elle voulait que Benjamin lui raconte l'histoire comme un grand. Elle voulait bien l'aider à commencer en lui donnant des pistes mais il fallait qu'il exorcise le reste tout seul. Bizarrement, Grace était certaine de viser juste, comme si, maintenant qu'elle avait prononcé le prénom de la jeune fille, elle savait que ça ne pouvait pas être autre chose. |
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 | Sujet: Re: BAL COSTUMÉ - SUJET COMMUN ! Ven 11 Nov - 21:13 | |
| Il savait. Il savait que c'était inutile de mentir, de tenter d'esquiver, de minimiser. Face à Grace, tout cela ne servait à rien. Parce qu'elle était sa sœur. Parce que depuis toujours c'était eux contre le monde. Parce qu'elle le connaissait par cœur, et plus encore. Parce qu'elle n'accepterait jamais qu'il reste avec son poids sur le cœur et qu'il s'étouffe avec. Il le savait, tout ça. Malgré cela, il avait poussé la situation à son extrême, étirant au maximum le désastre de cette soirée, pour être bien sûr d'en avoir fait le tour, pour être certain de n'avoir pas loupé quelque chose, pour s'assurer que c'était bien cela qu'il s'était passé, rien d'autre, et que, oui, c'était une douce amour qui lui faisait mal. Bien sûr. Bien sûr qu'il savait qu'il pouvait tout lui dire. Même ça, il pouvait lui en parler. Mais il se sentait si faible d'être touché à ce point. Et surtout, cette incompréhension. Qu'avait-il fait de mal, de si terrible, pour que Sophia perde en aussi peu de son fabuleux éclat ? Comment avait-il fait pour lui dérober à ce point à sa joie ? Qu'est-ce qui lui avait pris pour oser voler les couleurs flamboyantes de la pétillante Sophia ? Hein ? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui, pour qu'il ait osé faire cela à Sophia ? « Cela », ce mystère qu'il ne savait déchiffrer. Quel artifice pouvait dévoiler le masque ? Un miroir ? De la lumière ? Un jeu de doubles ? Parler ?
Benjamin se sentit percuté quand Grace prononça le prénom fatidique. Sophia. Alors il la regarda véritablement. Parce que maintenant, il ne pouvait plus rien lui cacher. Elle avait compris. Elle avait compris, et c'était Grace, sa sœur. Pas la voisine de la rue Baudelaire ou le psy' du coin. Sa sœur. Il la regarda, et son regard tentait malgré tout de fuir. Mais Benjamin l'obligea à affronter les yeux de la jeune femme blonde. Il ne pouvait plus se dérober. De toute façon, il n'aurait jamais pu. Pas face à elle. Mais par quoi commencer ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien lui dire, lui expliquer ? Oh, et puis, c'était tellement ridicule ! Mais non. Pas tant que ça. Pas tant que ça puisqu'il avait l'esprit complètement retourné, qu'il se sentait perdu en lui-même, qu'il avait mal partout, sans même avoir de raison physique, que son cœur se compressait vingt mille fois trop, que son ventre se tordait comme s'il s'agissait de créer un nœud indéfaisable, que sa gorge se serrait comme si elle refusait que quoique ce soit y entre, ou en sorte. Il devait bien y avoir une quelconque importance quelque part, pour qu'il ait aussi mal, n'est-ce pas ? Alors, il capitula. Il allait lui dire. Tant pis. Tant pis pour tout. Elle était sa sœur. Elle en avait vu d'autres. Elle l'avait vu pleurer parce que sa peluche avait perdu un œil. Elle l'avait vu pleurer parce qu'on lui avait volé son goûter. Elle l'avait vu pleurer parce qu'il avait perdu l'un de ses dessins (ô combien ses dessins étaient la prunelle de ses yeux). Elle l'avait vu pleurer parce qu'il avait perdu son crayon gris fétiche. Elle l'avait vu pleurer parce qu'il avait perdu au foot contre Azumi. Elle l'avait vu pleurer parce qu'il avait raté les cookies qu'il aurait voulu lui offrir en surprise. Tant de raisons en apparence si futiles. Elle pouvait bien le savoir pleurer parce qu'il avait été complètement nul, non ?
« Oui... »
Tout d'abord, aquiescer, doucement. Et puis, essayer de se lancer. D'expliquer l'inexplicable. D'expliquer ce qui est trop explicable. De dire son erreur. De dire sa faiblesse. De dire son incompréhension. De dire sa peur. De dire son mal. De dire son ridicule. De raconter comment il avait volé les couleurs de Sophia, comment il pouvait dès à présent être classé parmi les types les plus nuls de la Terre, et Dieu sait qu'il y en avait si on écoutait les filles, comment il avait réussi à blesser jusqu'à faire pleurer la seule fille qui l'ait jamais touchée, la seule fille dont il puisse se préoccuper de si elle lui court ou non après, comment il avait posé ses lèvres sur les siennes sans le savoir, comment il en avait été pétrifié, comment il n'avait su dire que « désolé », comment il était parti, incapable d'affronter son acte. Trop anxieux.
« Je... C'est... C'est Desty. Elle... »
Allez, respire mon ange.
« Elle a voulu danser. Enfin. Y'avait Sophia et... Ty et Anna étaient partis tous les deux. Nathaniel et Marissa s'étaient isolés. Du coup, il restait plus que moi, Desty et Sophia. Alors... Les filles ont voulu aller danser. Et j'ai finalement accepté. »
Jamais de sa vie il n'aurait dû le faire. Sophia devait savoir maintenant à quel point il était mauvais partenaire de danse, et pas qu'en technique.
« Et... Fin... Y'a eu... Un slow, quand on est arrivé. Alors Desty... Elle m'a obligé à y aller, avec Sophia. Du coup elle nous a placé, et on n'a pas eu le choix. Mais fin... Je... »
La partie difficile approchait. Et en pensant à ces évènements, il crut qu'il allait pleurer, encore. Mais il résista. Et pour tenter de se défaire de son angoisse, il respira. Peut-être que le stress allait s'envoler un petit peu ?
« Je... Je dis n'importe quoi avec Sophia. Enfin, plus que d'habitude, quoi. »
Wow ! Il avait réussi à faire de l'humour. Bon, ce n'en était pas vraiment, parce que... C'était pas vraiment faux. Il racontait n'importe quoi en permanence.
« Et... J'ai... J'ai dit... » tenta-t-il, se mordant les lèvres. « J'ai dit que... ... ...Que je faisais n'importe quoi quand j'étais amoureux. »
On pourrait croire que l'histoire s'arrête là. Que le drame réside en tout et pour tout en cela. Cette petite phrase que Benjamin a dite, et qui l'aurait bouleversé, trop peureux à l'idée que Sophia comprenne. Mais non. Non, bien sûr. Il y avait autre chose. Ou Benjamin Carlson n'était pas Benjamin Carlson.
« Du coup, elle... Elle m'a demandé de qui et... »
Il s'en voulait. Il s'en voulait tellement. Son visage se décomposait au fur et à mesure. Benjamin était absolument catastrophé. Et tout en parlant, il se rendait compte que c'était cela, la cause : le fait qu'il ait annoncé être amoureux de Tania. Parce que c'était à ce moment que Sophia avait commencé à pâlir sérieusement. Il ne se l'expliquait pas. Peut-être connaissait-elle vraiment une Tania ? Peut-être cette Tania lui avait-elle dérobé un petit-ami des années plus tôt, et peut-être ne supportait-t-elle pas en entendre parler de nouveau, encore moins de cette façon ? Il ne savait pas. Mais il se rendit compte qu'il n'aurait jamais dû dire qu'il était amoureux de Tania. Alors c'était encore plus douloureux de devoir le dire, là. Il était tellement fautif !
« Et je... J'ai... », essaya-t-il, tentant de maîtriser les larmes qui doucement montaient à ses yeux. « Je lui ai dit que j'étais amoureux de Tania. »
Il avait dit cette dernière phrase d'un trait. Pour la liquider. L'effacer. L'avoir derrière lui. Loin, très loin. L'oublier. Le blesser. La torturer. Lui faire du mal. Là. Je te dis très très vite comme ça existes moins et tes mots sont ramassés les uns sur les autres et vous êtes très serrés et c'est inconfortable alors vous souffre énormément. Comme ça. Parler très vite pour faire du mal à ces mots. À ces mots qui avaient fait tant de mal. Ces mots qui venaient de lui, certes. Aussi était-ce sûrement normal si à présent, lui aussi souffrait. Et il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même, pas même à des mots, n'est-ce pas ? À des mots qui avaient une telle consistance, qu'il avait dit « Tania ». Pas « une fille » mais « Tania ». Parce que cette Tania avait existé, avait trop existé, qu'elle les avait poignardé tous les deux, et que pour leur infliger tant de douleur, il fallait bien qu'elle ait un nom, une identité. Une identité qu'on puisse détruire et supprimer. Pas une mention fantasque d'une personne volage. Une identité. À haïr. Un visage vers qui retourner sa haine, sa faute.
« C'est... Je... Je connais pas de Tania... »
Et c'était peut-être cela le plus terrible. Il ne connaissait pas de Tania. Enfin si, bien sûr, cette gamine en maternelle. Mais elle était loin désormais, sa famille n'habitait plus sur l'île depuis bien des années, aussi était-ce comme si elle n'existait pas.
« Et j'ai... Fin... Je... Je l'ai... Inventée. Et du coup je... J'ai... Enfin... », avnça-t-il, tatônnant, craintif du moment où il faudrait tout dire, où tout serait expliqué. « Je... Je l'ai décrite et puis après, j'ai dit... Fin, j'ai dit ce que je pensais de Sophia à Sophia. Mais comme si je parlais de Tania. Et puis... Puis après... Sophia, je sais pas... Elle... C'est comme si elle... Elle allait comme pas bien après. Et elle est partie. Alors je... Je l'ai cherchée. »
« Comme si elle avait perdu sa vivacité, sa joie de vivre, son entrain. Ses couleurs. » aurait-il voulu dire, mais il ne le fit pas. Et ça faisait si mal de revoir le visage triste de Sophia. De sentir sa douleur, à elle. De ne pas comprendre le mal qu'il avait fait, mais de savoir qu'il en avait fait beaucoup. Qu'il avait blessé Sophia Milano, celle qu'il aimait. La fille la plus importante de sa vie après Grace. Dieux ! Qu'est-ce qu'il pouvait être idiot. Combien était-il nul.
« J'ai... J'ai fini par la trouver. Et... Je lui ai dit que j'étais... Désolé.»
Non, Benjamin. Tu as certes répété neuf fois que tu étais désolé, tu n'as pas dit que ça. Tu as dit cette phrase purement ridicule : « Tu veux quelle couleur ? » Mais évidemment. Pour dire cela à Grace, il faudrait que tu lui expliques le portrait au fusain, et ce qui t'est passé par la tête, cette idée de Sophia sans couleurs, cette idée de toi, toi comme voleur. Mais est-ce possible, de raconter cet évènement ?
« Je... Je savais pas quoi dire. Enfin... J'étais... Trop angoissé. Et puis ça s'embrouillait dans ma tête. Pourquoi ça finit toujours par s'embrouiller d'ailleurs ? » s'interrogea-t-il, pensant alors à ce qu'il lui avait dit, mélangeant son histoire de portrait et de couleurs. « Ohlala... Je lui ai vraiment dit n'importe quoi. »
Il eut comme un soupir. Sentirait-il éternellement ce sentiment de culpabilité ?
« Je... Je... Savais pas. Savais plus. J'étais tellement stressé que je ne me rendais plus compte du monde, de moi. Et quand je m'en suis rendu compte je... » Une nouvelle fois il se mordit les lèvres, au paroxysme de la gêne. « Je... J'avais... Mes... Mes... Lè... Lèvres. Sur les siennes. »
Se cacher. Il voulait se cacher. Partir. Ne plus exister. Vivre dnas un terrier jusqu'à la fin de ses jours.
« A... Alors... Je... Je suis resté complètement pétrifié devant elle parce que, je l'ai pas voulu ! J'ai pas voulu faire ça ! J'ai jamais voulu le faire, Grace ! Jamais ! Et je savais même pas que je l'avais fait ! Je savais pas Grace, je le jure. Du coup, j'étais... J'étais étonné et ça m'a choqué et j'ai eu peur et j'avais peur alors je restais là à avoir peur devant elle et j'ai rien su dire d'autre que désolé encore une fois et puis finalement je suis parti parce que... C'était trop insupportable, Grace... Mais... Je... Je voulais pas la blesser, je voulais pas l'embrasser, Grace. Je voulais pas. Je le jure. »
Il ne le voulait pas, ô non il ne l'avait pas voulu. Et y penser, c'était si douloureux, qu'il ne put empêcher son corps de réagir et que ses larmes coulèrent d'elles-mêmes, franchissant la barrière mentale qu'il avait instaurée, et dévalant aussitôt ses joues. Il finit par se jeter dans les bras de sa sœur, toujours pleurant. Ô combien il se sentait nul et idiot ! Et il le jurait, vous entendez ? Il le jurait ! Il ne l'avait pas voulu, il le jurait ! Comprenez-vous ?
« Je voulais pas Grace... Mais... Mais je sais pas pourquoi Grace... Je... Je susi trop idiot et nul, hein ? Mais je sais pas... Je sais pourquoi... J'ai fait quoi de mal Grace ? Pourquoi je l'ai blessée Gracé ? Grace ! J'veux pas être son voleur de couleurs ! »
Des exclamations, des plaintes, des lamentations. Des mots de son esprit, et c'est fou comme les mots ont un impact sur la vie. Combien un petit amoureux peut s'imaginer être le voleur de couleurs d'une jeune fille, combien c'est chimérique de s'imaginer cela, un garçon qui vole les couleurs d'une fille, et combien, pourtant, ce n'était que trop vrai. |
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 | Sujet: Re: BAL COSTUMÉ - SUJET COMMUN ! Sam 12 Nov - 11:04 | |
| Benjamin s'était lancé dans le récit de la soirée qu'il avait passé et Grace l'avait écouté attentivement jusqu'au bout, sans le couper une seule fois - même si parfois, elle avait vraiment eu envie de réagir. Depuis toute petite, Grace avait appris à être patiente, attendre son tour, c'est ce qu'elle savait faire de mieux alors oui, lorsque son frère parlait encore et encore et que c'était sérieux, elle attendait son tour pour prendre la parole. Parfois, c'était compliqué puisque Benjamin parlait, parlait... et elle savait que la plupart des choses qu'il disait était importante même si, aux yeux des autres, ça semblait parfois dénué de sens. Au début, Grace s'était mise à sourire, imaginant son frère entrain de danser avec Sophia - et elle nota dans un coin de son esprit qu'elle devait absolument remercier Destiny pour se sacré gros coup de pouce - puis elle perdit son sourire, un peu plus concentré sur les paroles de son frère. Lorsqu'il parla de Tania, Grace se retint de lever les yeux au ciel pour ne pas le couper dans son élan. Bon sang mais pourquoi est-ce que les garçons avaient tous un problème lorsqu'il s'agissait d'exprimer leur sentiment ? Elle voyait bien à quel point il était pénible pour lui de relater cette soirée d'Halloween alors elle n'imaginait même pas ce que ça avait été de la vivre. Et alors la fin : l'apocalypse. Grace avait mis un certain temps avant de comprendre que Sophia était partie, qu'il l'avait rattrapé, qu'il s'était excusé, qu'il l'avait embrassé et qu'il était parti à son tour, en lui volant ses quoi... ? Crayons de couleur ? Hein ? Non. Ses couleurs. Non mais comment est-ce que son frère parvenait-il encore à faire des métaphores dans un moment comme celui-là ? La belle blonde avait soupiré intérieurement, soulagée. Ce n'était pas aussi grave qu'elle avait pu l'imaginer. Bien sûr, pour son frère s'était la catastrophe et de son point de vue, elle pouvait parfaitement le concevoir. Mais elle était là et c'était bien connu, Grace avait toujours réponse à tout, surtout lorsqu'il s'agissait de venir en aide à la seule personne qui comptait vraiment pour elle. Elle l'attira à elle une nouvelle fois, pour le rassurer. On peut réparer ça, voleur de couleur, plaisanta-t-elle doucement. Elle ne se moquait pas, elle tentait simplement de lui faire comprendre que tout n'était pas perdu et qu'il pouvait aisément rattraper le coup. Elle déposa un baiser sur son front avant de prendre à nouveau ses distances. Elle avait beau avoir 20 ans, il avait beau en avoir 16, chaque fois qu'ils se retrouvaient dans une situation similaire, elle avait l'impression de le revoir le jour où elle avait été chargé de lui annoncé que leur mère ne rentrerait plus à la maison. Tu l'as blessée parce que tu lui as parlé de Tania... elle espérait sans doute que tu parles d'elle. Tu sais, je l'ai vu le jour de la tempête, j'ai vu la façon dont elle te regardait, dont elle riait à tes blagues pas drôle... Elle espérait avoir sa chance avec toi et tu lui fais la plus jolie des déclarations d'amour sauf que tu parles d'un Tania qui n'existe pas. Si tu n'existait pas, je pense qu'on aurait du t'inventer. Elle marqua une pause avant de rapidement reprendre. Mais c'est pas grave. Elle a parfaitement entendu tout ce que tu lui avais dit, reste plus qu'à lui avouer qu'en fait, c'était d'elle dont tu parlais et que... le baiser était justifié. Que tu le veuille ou non, t'en avais envie, et tes gestes ont dépassé ta pensée. Alors... comment est-ce que tu pourrais réparer tout ça ? fit-elle avec un sourire malicieux. Pas avec des mots puisqu'elle te fait perdre la tête alors on va attendre encore un peu avant que tu ne te lance dans un autre monologue. En quoi est-ce que tu es doué, Benjamin ? demanda-t-elle sans véritablement attendre de réponse. Vu l'état d'esprit dans lequel il se trouvait, il n'aurait certainement rien à répondre - ou alors que des choses négatives. Tu es le meilleur dessinateur que je connaisse alors... j'sais pas, fait lui un dessin ou... une BD. Fais lui une bande dessiné, tu rectifie le tire, tu la glisse dans son casier et tu attends de voir ce qu'il se passe. Elle était certaine que si Benjamin s'y mettait sérieusement, il serait capable d'avouer à Sophia que c'était d'elle dont il parlait et non pas de cette Tania qui n'existait pas. Ca va s'arranger, assura-t-elle pour finir de le convaincre. |
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 | Sujet: Re: BAL COSTUMÉ - SUJET COMMUN ! Dim 22 Jan - 15:20 | |
| Benjamin guettait la réaction de sa sœur, anxieux. Que pourrait-elle trouver à dire sur sa conduite si minable ? Il n'y avait rien qui ne puisse l'aider. Sauf que Benjamin se trompait. Parce que Grace était la meilleure des sœurs du monde, et qu'il aurait dû se le rappeler. Le ton doux de la jeune fille l'apaisa, même si son cœur battait toujours trop vite. Il se pinça lorsque la blonde avança que Sophia aurait préféré qu'il parle d'elle. Ce qu'il ne concevait absolument pas. D'elle ? Mais comment ça, elle aurait voulu être la Tania ? Pourquoi, d'abord ? C'était insensé ! ... Il avait bien entendu, hein ? « Elle espérait avoir sa chance avec toi. » Nooon. Sa sœur était en train de lui que Sophia l'aimait ? Lui ? Impossible. Catégoriquement impossible.
« Sa... Sa chance avec moi ? Grace... C'est... C'est juste pas possible ! »
Il était passé de l'angoisse la plus profonde à l'étonnement le plus entier. Il n'osait pas y croire, parce qu'il se sentait, présentement, bien trop nul pour avoir intéressé quiconque sur sa petite personne. Derrière sa confiance marquée par les compliments qu'il passait à se faire à longueur de journées aux yeux des autres, il y avait toute sa faiblesse, tout son incrédulité face aux paroles que lui-même prononçait. En vérité, Benjamin se sentait impuissant face aux autres, et admirait la prestance et le charisme de Tyler, le génie de Lucas... Il rêvait d'être comme eux et de pouvoir marcher dans la rue en se sentant sûr de lui et de ce qu'il faisait. Le jeune homme passait son temps à dire des idioties. Et là était le signe de son manque de confiance : appeuré de lui-même, inconfiant de sa personne, il avait l'impression que chaque mot qu'il disait était une absurdité. Et cela se ressentait quand il parlait, puisqu'à cause de ce stress, il finissait toujours par tout mélanger et dire, effectivement, des imbécillités. Alors, se dire que quelqu'un l'aimait, qui plus est Sophia, Benjamin ne pouvait s'y résoudre. C'était utopique, idyllique, irréaliste, fantaisiste, fou, insensé. À des mille et des mille de sa personne. Cela pouvait arriver à Tyler, à Lucas, à Matthew Cohen, à Andrew, et tous les types cools de l'île, mais pas à lui. Il était certes le fils du maire, il n'en était pas pour autant génial. Au contraire. À part sortir des blagues pas drôles et dessiner, qu'est-ce qu'il savait faire ? Ah, oui ! Briser le cœur de la fille qu'il aimait. Pas vraiment bien sur le CV.
Cependant qu'il se maudissait de plus en plus intérieurement, les paroles de Grace allumaient en lui comme une légère flamme. Quelque chose de doré qui scintillait en son for intérieur, et qui appelait une lueur d'espérance à l'image de celle que, de Gaulle, guettait dans l'ombre.. Une bande dessinée ? Pour rectifier le tir ? Il ne savait pas trop ce qu'il y mettrait. Parce qu'il ne croyait pas en l'amour de Sophia. C'était trop beau. Pour lui, c'était trop beau. Mais c'était... C'était vraiment la seule chose qu'il pouvait faire. Il y dessinerait son trouble. Ce serait un dessin au fusain, d'une part. Et d'une autre, aux crayons de couleur. Le fusain pour les cases dans lesquelles il serait. Les couleurs à Sophia. Les plus belles couleurs qu'il avait. Il irait même acheter d'autres crayons. Il en avait vus des géniaux mais avait hésité, trop chers. Cependant, pour Sophia, il fallait le meilleur. Alors il les achèterait, et il ferait cette bande dessinée. Il y mettrait tout ce qu'il avait en lui et qui était si difficile à exprimer. Il ignorait s'il y mettrait son amour pour elle, s'il oserait le faire. Mais c'était l'idée lumineuse de Grace. Et elle était sa seule chance. Sa sœur était géniale. Vraiment.
« Une bande dessinée... » murmura-t-il.
Un sourire se dessina sur ses lèvres, lentement, comme une vague se forme.
« Oui. Oui, je lui ferai ça ! Grace... Tu es vraiment la meilleure des sœurs, tu sais ? »
L'espoir ranimait Benjamin, et faisait fuir les ombres de cette désastreuse soirée. |
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